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D’une colonisation l’autre, l’indépendance algérienne


Par : Ahmed Slama

À l’évocation de la littérature algérienne d’expression française, il y a des noms qui nous viennent directement à l’esprit, ceux de Yasmina Khadra ou Kamel Daoud… euh non, ça c’est pour la médiocrité d’une certaine littérature algérienne. Non, je pensais plutôt à ceux de Mohamed Dib, Mouloud Feraoun, Kateb Yacine ou encore Yamina Mechakra – dont je vous parle par ici. Puis, comme pour toute littérature quels qu’en soient les époques et les espaces – il y a des noms des tombent dans un relatif oubli, peut-être pour mieux ressurgir après, on l’espère, je l’espère du moins pour celui Nabile Farès, trop peu cité aujourd’hui, trop peu évoqué.

Une œuvre savamment tissée :

Né en 1946, Nabile Farès fut psychanalyste, poète et donc écrivain, il est l’auteur d’une œuvre riche tant du point des genres que de la manière dont elles ont été tissées. Il ne s’agira pas ici de revenir sur toute l’œuvre de Nabile Farès – un article ou une vidéo n’y suffirait pas –, mais de nous concentrer sur l’un de ses romans L’Exil et le désarroi, paru en 1976 du côté des éditions François Maspero. Pour celles et ceux qui connaissent ces éditions, ancêtres de La Découverte, il peut paraître étonnant d’y voir publié un roman, d’ailleurs on remarquera que si de nombreux titre passèrent des éditions Maspero au catalogue de La Découverte [1], L’Exil et le désarroi n’a pas fait ce chemin et reste cantonné, aujourd’hui, à une édition numérique, trouvable aisément.

Avant même de nous immerger dans cette œuvre, il nous faut dire quelques mots sur sa particularité, L’Exil et le désarroi [1976] est le troisième volume d’une trilogie commencée du côté des éditions du Seuil ; Le champ des oliviers [1972] et La mémoire de l’absent [1974]. Trilogie qui figure elle-même une sorte de suite au premier et deuxième romans de Nabile Farès Yahia, pas de chance (lien) [1970] et Un passager de l’occident [1971], tous deux publiés au Seuil. Il existe de nombreux liens et passerelles entre ces 5 livres, on y trouve des personnages récurrents,mais également une continuité du point de vue des époques, des espaces et des problématiques. Les cinq ouvrages s’inscrivent dans l’avant et l’après indépendance Algérienne. Entre lutte contre le colonisateur français, la nécessité de la guerre, et ses affres. Le regard s’y fait, souvent, lucide au sujet du FLN [Front de Libération Nationale] notamment et certains de ses militants. Ce qui me semble le plus intéressant, dans l’œuvre de Nabile Farès, c’est l’après, ce qui suit immédiatement l’indépendance (indépendance ne voulant pas dire décolonisation) cet après 1962 dont il traite dans L’Exil et le désarroi.

Une autre question reste à traiter avant de nous immerger dans ce roman, on pourrait se demander pourquoi, après 4 livres du côté du Seuil, le cinquième (se trouvant être le troisième volet d’une trilogie) n’est pas été publié par ce même éditeur ?

D’après Ali Chibani, les éditions du Seuil auraient demandé à Nabile Farès de « simplifier l’écriture de L’Exil et le désarroiet de l’expurger de la critique qu’il fait du régime algérien » [2]
]], refusant de se prêter à ce jeu, il s’est tourné vers Maspero pour la publication de L’Exil et le désarroi.

Déroulement scriptural du temps et des évènements :

Quand on parle de littérature algérienne d’expression française, c’est encore et toujours sur un mode que je qualifierai de « thématique ». En effet, à la lecture des différentes recensions et articles (parfois même issus cadre académique) on est de suite frappé par le fait que l’on ne s’attarde jamais sur la singularité des œuvres, ou pour le dire autrement leur « littérarité ». En effet, c’est encore et toujours l’Histoire et le politique (quand il ne s’agit pas de la politique) qui prime. Représentation de ces œuvres comme simple littérature « documentaire », littérature « testimoniale », du témoignage. Cette remarque pourrait être étendue à l’ensemble des œuvres issues du continent Africain. Même quand il s’agit d’une œuvre incontestablement politique, je crois qu’il faut s’attarder sur sa singularité scripturale et littéraire.

Loin d’être un simple roman à histoires) qui nous conterait une histoire, ou un quelconque roman à thèse, L’Exil et le désarroi se distingue par un soin particulier apporté à l’écriture, à la manière dont s’agence livre, dans sa totalité, soin qui se retrouve jusqu’à l’espace-même de la page. Mise en page non pas artificielle ou ornementale, elle ne fait qu’un avec les propos – l’auteur de ces lignes ne croyant aucunement à une quelconque distinction entre forme et fond. Ainsi dès la première page, s’instaure une « verticalité » de l’écrit. Voyons ensemble l’incipit, les premières pages de ce roman qui s’ouvre sur le retour de Mokrane en Algérie.

Ce ne fut que quelques années plus tard qu’il put comprendre ce qui s’était passé, car, entre-temps, il lui fallut demeurer à l’écart de toute activité et tribulation au moment où le pays — le pays ? ce qu’il est convenu d’appeler le pays (?) — allait vers de nouvelles effervescences de vies et d’événements.
Frontières fermées
Rues et
visages
amaigris — en tremblements
Mutisme et arrestations
 : il fallait, malgré les séparations politiques du moment, avancer.

 

À la suite du court paragraphe introductif qui ne s’attarde ni sur le personnage, ni sur une quelconque description physique – il en sera ainsi pour l’ensemble des personnages tout au long du roman –, paragraphe qui nous dit simplement sa [au personnage de Mokrane] situation, demeuré à l’écart, étant passé à côté de toute ce qui s’était passé depuis la toute récente indépendance, et que s’est-il passé justement ? Loin de nous le restituer sur le ton simplement politique, Nabile Farès, déroule – au sens propre du terme, comme un fil – ce qui s’est passé. Ça s’achève par cette phrase simple : il fallait avancer, la complexité de avancement par l’incise « malgré la séparations politique du moment ». Et voici un nouveau paragraphe qui se profile :

Déjà, les campagnes s’animaient, et, sur les lieux de travail où, quelques mois plus tôt, les héritages coloniaux existaient, de nouvelles récoltes étaient annoncées, fruits de décisions, transitions, prévoyances, dont les hommes politiques n’avaient pas eu l’idée.
On vit alors de vastes domaines occupés sur place par des ouvriers, qui, jusqu’à présent, n’avaient eu droit qu’au travail sur Terre-des-autres, et non pas à une contemplation bienheureuse des arbres, et des champs :
Cultures
Ciel
Ombre
et Eau
Ouvertes une fois au passage des Membres
Corps Pensées non assassinées :
En deux mois,
les champs de la durée
et de la terre
de la tristesse
et de la guerre
de la Conquête
et de la Mer
furent labourés, retournés en leurs racines — Propriétés et Coutumes — vidés de leurs
inégalités,
et,
 Offerts,
 dès Octobre,
aux premières récoltes de l’année mille neuf cent soixante-trois.

Subtiles, s’amorcent les indications temporelles. On est quelque mois après l’indépendance algérienne, cerné entre deux pouvoirs ; le colonial (fraîchement tombé) et le politique national, à venir. En quelques mots, voici que nous est décrite cette situation inédite, la terre et tout ce qui va avec ne sont pas possédés, nous ne passons pas d’une possession (du colon) à une autre ; il y a « contemplation bienheureuse », et se met en place ce déroulé du rapport de force non pas inversé, mais annulé : « propriétés et coutumes » sont « vidé[e]s de leur inégalités » et vient enfin la référence explicite l’année, en toutes lettres : mille neuf cent soixante-trois, un an après l’indépendance algérienne.

Procédé de mise en page qui – selon ses usages tout au long du roman – permet à la fois d’imprimer une certaine vitesse à la narration, c’est un temps long qui nous est raconté, des mois, par fois des années, mais également de d’étaler tout ce qui est advenu en ce temps, étiré par la mise en page, en quelques mots.

Arborescence scripturale :

Le déroulement vertical évoqué plus haut figure, comme nous l’avons dit, celui du temps et des événements. Il rejoint également une des figures centrales du roman – et peut-être plus généralement de l’écriture de Nabile Farès – : l’arbre. En effet, nous pourrions y voir une sorte d’arborescence scripturale ; figurée dans la couverture, avec cet arbre poème, arbre scriptural.

Cet arbre que l’on retrouve au milieu du roman, dans la chambre de Mokrane, qui ne nous est pas donné directement, comme sur la couverture, mais dans et par les mots, donc pas tout à fait le même arbre scriptural à y regarder (y lire ?) de plus près :

sur la partie droite du mur, un gigantesque arbre est dessiné, aux racines apparentes : témoignage des horizons personnels, dessinés dans l’écorce attentive des arbres, et, des mondes ; influences des bonheurs entrevus, précipités dans les fonctions sociales ; l’Amour d’être sans inégalités destructrices :
 
les matrices des choses
des événements
des personnes : Nos vies
 
imaginées
sensibles
herbes
douces
et
des choses
L’arbre est parcouru
de mots, phrases, idées qui expriment plusieurs équivalences entre les volontés de vivre, ou, de mourir, ou, plus simplement se taire : fuir le langage, et, l’amour, dans la rivalité du temps, de l’espace, accomplir le non-sens, ou, lorsque la crise a lieu, dire l’irréductible espoir de maintenir le vrai dans l’exiguïté même de la matière et du champ. 
Ainsi dans et par cette mise en page ce n’est pas l’arbre dessiné qui est retranscrit dans les pages, mais bien dans et par l’écriture qu’il nous est donné à voir.

Arborescence scripturale de l’arbre dessiné par des mots. Ainsi l’arbre en couverture du livre se trouve être un condensé du texte que nous lisons ; L’Exil et le désarroi. Ce qui y est saisi c’est bien un entre-deux, la fin du pouvoir colonial et l’avènement d’un pouvoir national(iste), théocratique et autoritaire.

La Joie : si le Peuple est prêt pour son Indépendance les Hommes Politiques ne le sont Pas. Ou. Du Moins. Exigent une consécration singulière, celle de leur talent, ou (?) stratégie historique, puisque, le renversement a lieu, le 5 juillet 1962 prend place sur le 5 juillet 1830.

Nabile Farès, L’Exil et le désarroi, Maspero, Paris, 1976, p.23 [édition électronique].

Du pouvoir colonial au pouvoir autoritaire :

L’Exil et le désarroi nous dit cette transition entre deux pouvoirs, deux répressions, sécuritaires et militaires. Il est bien là, le désarroi. Il ne s’agit pas de la litanie (bien connue, éprouvée) des révolutions qui forcément tournent mal, plutôt le constat lucide vis-à-vis de l’émergence d’un pouvoir que l’on pourrait qualifier de néo-colonial. Et ça commence dès après l’Indépendance, proclamée (officiellement) le 5 juillet 1962.

22 JUILLET 1962

Depuis dix-sept jours le changement a eu lieu, et, Depuis dix-sept jours les Vallées et les Routes connaissent ce va-et-vient de camions à l’entrée des Villages et des Villes
Dans le Sud
Et sur la frontière Est Les Combats ont été nombreux Meurtriers Comme ceux de l’année 1957-58.
Sétif Constantine Philippeville Mostaganem Bône Souk-Ahras Alger Oran Les Villes accueillent les Troupes Etalent les Reconquêtes territoriales comme des signaux placés sur une immense reproduction cartographique.
Le Peuple
écoute :
car le Peuple ne comprend pas ces heurts venus de tant de mésententes.
Le Peuple ?
Les Villes sont Assiégées Réduites dans leur prétention d’insurrection La Nouvelle Pacification est à l’œuvre Efficace Directement axée sur la Prise des Pouvoirs…
Nabile Farès, L’Exil et le désarroi, Maspero, Paris, 1976, pp.20-21 [édition électronique].

Toujours par ce procédé qui en une sorte d’arborescence scripturale étale l’évènement, les évènements, ceux qui ont suivi donc l’Indépendance, la prise en main du pouvoir par les militaires. Pour bien saisir les enjeux exposés ici dans la langue singulière de Farès, il nous faut l’éclairage de l’Histoire. À l’Indépendance deux camps s’opposent, d’un côté ceux appartenant au GPRA [Gouvernement Provisoire de la République Algérienne] formé à Tunis en 1958 par le FLN [Front de Libération Nationale] ; de l’autre Houari Boumédienne, « chef de l’armée des frontières » installée en Tunisie à quelques kilomètres de la frontière algérienne, auquel se rallieront d’anciens membres du GPRA Ferhat Abbas et Ahmed Ben Bella. [3]

La date 22 juillet 1962 mise en exergue dans le texte fait référence à l’annonce, faite ce jour-là, par Ahmed Ben Bella de la constitution du « Bureau politique » du FLN. Le but de ce « bureau » étant d’évincer le gouvernement provisoire et de s’emparer du pouvoir [4]. Quant aux « combats sur la frontière Est » renvoient notamment à la prise et l’occupation de Constantine (capitale de l’Est Algérien) par ce pouvoir militaire qui commence alors à se constituer, des membres du gouvernement provisoire seront arrêtés, des affrontements éclatent un peu partout en Algérie, donnant lieu à une véritable guerre civile à l’été 1962 [5].

 : les arrestations furent nombreuses. Tout comme avant 1962, les gens disparaissaient, après une convocation, pendant trois quatre mois, pour ressurgir ensuite, de l’autre côté de la grande ville, au pays sud.
Et les gens se taisaient, car personne n’y comprenait plus rien, sauf ceux qui, une nouvelle fois, prenaient le chemin des émigrés.
Nabile Farès, L’Exil et le désarroi, Maspero, Paris, 1976, p.47 [édition électronique].

Le 25 septembre 1962, Ahmed Ben Bella prend la tête du premier gouvernement algérien, n’y « figure aucun membre du dernier GPRA. En revanche, cinq militaires, dont le colonel Houari Boumediene, occupent des postes clés. » [6] Premier gouvernement qui impose la notion de parti unique, le FLN donc, et met en place déjà un pouvoir autoritaire et militaire. D’un point de vue économique les premiers gouvernements algériens (avant le 19 juin 1965, date du coup d’état militaire mené par Houari Boumédienne) se revendiquent du socialisme et de l’autogestion, mais dans les faits il ne sera rien de tout ça.

Une sorte d’ironie entre Pouvoirs et Réalités qui, avec quelque négligence ou désinvolture à l’égard de nos principales croyances, s’amuse à construire des distances, des rapprochements, des atteintes, des illusions.
« La Propriété est sociale, et non pas étatique. »
Et, aussitôt, vous savez que la Propriété est étatique, et, non pas, sociale ; vous savez cela, pour le moins ici, où les mots ont des valences souvent inverses de ce qu’ils désignent ou proclament, comme si, dans l’intervalle de la parole, et de la réalisation, ils étaient devenus des chambres noires, et que, dans leur obscure légitimité, ils figuraient la réalité inversée, mais actuelle, la réalité vraie, et, pour ainsi dire : réelle.
Nabile Farès, L’Exil et le désarroi, Maspero, Paris, 1976, p.11 [édition électronique].

S’instaure donc ce double discours déjà à l’œuvre dès les premiers mois de l’après indépendance où celles et ceux qui ont lutté pour cette indépendance sont soit tué·es, soit arrêté·es. Nombre d’entre elles et eux prendront le chemin de l’Exil et de l’émigration. Quant à celles et ceux qui sont resté·es, ils ont été contraints « de se taire ou d’adresser des louanges » [7] face à ce pouvoir qui a imposé, au fil des son règne, son récit de la guerre d’indépendance et de ce qui a suivi, à mille lieues de la « réalité vraie (...) réelle ». Ainsi ce pouvoir militaire, depuis sa constitution, s’est évertué à créer, maintenir et propager la confusion, répétant et faisant sienne les pratiques qui autrefois étaient utilisées le pouvoir colonial français. On l’a vu encore aujourd’hui, encore tout récemment, lors du mouvement de contestation le Le Hirak [8].

Il y aurait encore beaucoup à dire au sujet de L’Exil et le désarroi, la manière dont y est traité l’avènement de ce pouvoir algérien qui, encore aujourd’hui, continue son influence peu ou prou sur le même mode opération, régime de la confusion et de la terreur. Une oligarchie qui s’accapare les richesse qui ne tient que par la force et le soutien des puissances étrangères qui cautionnent ses agissements, on y est encore dans la perpétuation de la colonisation qu’évoque Nabile Farès. On y est toujours entre L’Exil et le désarroi, mais surtout pas de défaitisme, car la lutte continue en Algérie, bien sûr, et partout ailleurs.

𝗔𝗵𝗺𝗲𝗱 𝗦𝗹𝗮𝗺𝗮

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[1On peut citer, à titre d’exemple, les ouvrages de Frantz Fanon.

[2Ali Chibani s’appuie sur l’ouvrage de Charles Bonn Lectures nouvelles du roman algérien [Classiques Garnier, coll. Bibliothèque Francophone, 2016]. Ouvrage que je n’ai pu consulter pour vérifier l’information à cause du contexte actuel (fermeture des bibliothèques.) : https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/nabile-fares-a-la-memoire-de-l-absent,1460
Il y est également fait mention chez Anne Roche : « II apparaît en tout cas que la gauche française officielle, soucieuse de bonnes relations avec Alger, n’a rien fait pour rompre le silence autour de ce livre, publié en outre chez François Maspero, qui, ayant toujours lutté pour les Indépendances, n’a jamais craint depuis, dans la phase post-Indépendance, de dénoncer les déviations et les détournements des nouvelles nations. » Sur l’œuvre de Nabile Farès , Annuaire de l’Afrique du Nord , Centre national de la recherche scientifique ; Centre de recherches et d’études sur les sociétés méditerrannéenes (CRESM) (éds.), Paris , Editions du CNRS , 1977 , 953-962, URL :http://aan.mmsh.univ-aix.fr/volumes/1976/Pages/AAN-1976-15_40.aspx

[3Voir : Benjamin Stora. Histoire de l’Algérie depuis l’indépendance 1. 1962-1988., La Découverte, 2004. pp.8 - 9

[4Voir : Ibid, p.13

[5Ibid, .15

[6Ibid ; p.19

[7Nabile Farès, L’Exil et le désarroi, Maspero, Paris, 1976, p.46 [édition électronique]

[8Voir à ce sujet l’ouvrage collectif Hirak en Algérie, l’invention d’un soulèvement, Paris, La Fabrique, 2020 et plus particulièrement le chapitre Les « mouches électroniques » de la police politique sur les réseaux sociaux, par Amine Bendjoudi p.177