Litteralutte du mois de février

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Un programme éclectique pour ce mois de février sur Littéralutte ; la balance penche côté écrivaines et poétesses ce mois-ci, fidèles à la dimension féministe que nous défendons. En effet  nous avons avons pu (re)découvrir une poétesse oubliée, Sabine Sicaud, invisibilisée comme tant d’autres de se consœurs. C’est aux éditions des Vélplanchistes que nous devons la réédition d’une sélection de ses poèmes écrits dans la première moitié du XXe siècle et Claire Tastet de nous en faire part dans cette lumineuse recension de L’Herbier. Prolongeant cet axe littéraire et féministe, Marie-Anaïs Guégan nous propose une vigoureuse lecture des Odes de Sharon Olds, lecture d’inspiration witigienne lors de laquelle elle postule la possibilité d’un lyrisme féminin, un lyrisme féministe. Avec Camille Ruiz, au féminisme se mêle un antiracisme des plus radicaux, ainsi revient-elle sur l’empreinte et l’héritage laissés par Joan Didion & de belle hooks[1]Sans majuscules, élaborant une lecture toute personnelle et singulière de ces deux autrices récemment disparues. Quant à Germain Tramier, ce dernier nous emmène explorer l’un des derniers recueils d’Édith Azam au travers, notamment, de la question de l’anthropocène ou capitalocène que nous avons maintes fois traitée à Litteralutte, ainsi forge-t-il une lecture poétique et politique de ce Animal-crépsucule.



La question de la frontière est cruciale, elle se trouve intrinsèquement liée aux questions antiracistes et anticapitalistes ; Romain Lossec parcourt Passer, quoi qu’il en coûte, poème-essai, essai-poème qui justement se joue des frontières des genres littéraires, Georges Didi-Huberman et Niki Giannari en reviennent politiquement et poétiquement à la question des migrant·es et des réfugié·es. Loin d’être de simples abstractions, c’est bien avant tout le sort d’hommes et de femmes qui se trouve en jeu – quelle que soit leur nationalité n’en déplaise à certains éditorialistes. Avec Contre Lordon de Benoît Bohy-Bunel, Ahmed Slama nous montre les enjeux essentiels à l’œuvre dans cette critique radicale de la pensée de Frédéric Lordon et d’une frange de la gauche considérée comme radicale ; loin de toute querelle de chapelle ou de narcissisme des petites différences, il s’agit de formuler une critique radicale du capitalisme, échafauder un véritable anticapitalisme. La question de l’édition indépendante nous tient particulièrement à cœur du côté de Litteralutte, ainsi s’agit-il également pour nous démontrer ce que les grands groupes font à la littérature, Ahmed Slama s’y atèle en analysant l’un des succès commerciaux de la rentrée littéraire de septembre dernier, Le voyant d’Étampes d’Abel Quentin, y décelant toute l’idéologie rance qui se cache derrière ce roman. Avec Portrait de l’artiste en fou criminel, c’est bien la dimension anti-validiste de Litteralutte qui s’exprime ; dans cet essai Anouck Cape se penche sur la représentation du fou, de la folie dans les œuvres d’avant-garde du début du XXe siècle. Notre lecture s’est bornée à montrer la genèse d’une confrontation, encore d’actualité aujourd’hui, entre littérature et psychiatrie, la manière dont les aliénistes ont tenté de censurer des œuvres littéraires.

Références

Références
1 Sans majuscules

À propos de

Écrit de tout, tout le temps et par tous les temps, fait aussi des vidéos voir sa chaîne Youtube. A publié, entre autres, Marche-Fontière aux éditions Publie.net,. à commander au format numérique ou papier pour soutenir l'auteur, sa chaîne et le site littéralutte.