Olivier cheval - lettres sur la peste

Lettres sur la peste : entre privilèges et indécence

Lettres sur la peste : Un ouvrage inconséquent et nihiliste que nous livre ici Olivier Cheval. Il y appréhende la pandémie de Covid-19 par le prisme d’une plume aussi bourgeoise que solipsiste.


Olivier Cheval, Lettres sur la peste, précédées de La domestication du monde, Lundimatin/La Découverte, 2022, 128p, 15€, 10,99€(numérique)


Le site Lundimatin inaugure sa collaboration avec Les éditions de la Découverte avec Lettres sur la peste d’Olivier Cheval. Un ouvrage portant sur la pandémie de Covid-19 dont nous nous serions passés, tant son propos conjugue l’indigence à l’inconséquence. Même si les deux parties de Lettres sur la peste vont de pair, cette recension portera moins sur la première partie intitulée La domestication du monde1 que sur la seconde Lettres sur la peste. Cette dernière regroupe plusieurs lettres envoyées à des personnes chères à l’auteur depuis le début de la pandémie.

Protection et sacrifice de la vie

L’idée principale que défend Olivier Cheval est la suivante : la vie en tant qu’entité abstraite – assimilée à la simple prolongation de l’organisme – a été protégée à un prix bien trop considérable. Or, on peut l’affirmer d’emblée : non, la vie et les vies humaines n’ont pas été protégées. Ou plutôt ont été protégées certaines, au détriment d’autres. Même si l’auteur n’en fait jamais mention, rappelons que plus de 157.000 personnes sont décédées du Covid en France. Rappelons également que plus de deux millions de personnes vivent encore aujourd’hui avec une forme de Covid long. Une forme qui fragilise le système immunitaire sur le long terme et expose directement les malades à d’autres troubles graves.

Minimisation des craintes et omission des souffrances

L’auteur avance que, début 2022, « le nouveau variant ne fait plus peur à grand monde et que l’État consent enfin à lâcher du lest » [p. 105, nous soulignons]. Il est là encore nécessaire d’avoir à l’esprit deux éléments ; tout d’abord, un grand nombre de personnes craignait toujours le Covid et le nouveau variant. Particulièrement les personnes vulnérables et immunodéprimées. Cependant, même dans le cas où le plus « grand monde » n’aurait plus peur, en quoi cela légitimerait l’abandon de mesures visant à empêcher la propagation du virus ?

La disparition de la crainte n’efface en rien l’existence de ce dernier et sa dangerosité. Le second élément crucial est que l’État n’a nullement attendu la fin de février 2022 pour « lâcher du lest ». Il a commencé à le faire bien avant, notamment lorsqu’il s’agissait de rouvrir les écoles afin que le travail reprenne. En réalité, tout au long de Lettres sur la peste, Cheval évite toutes les questions liées de près ou de loin au Covid. Un silence lourd de conséquences. Il implique de fait que ces questions ne pourraient ou ne devraient être saisies par la pensée critique.2

S’il est certain que l’État a produit de nombreuses souffrances par les mesures mises en place. Quelles sont celles qui intéressent Cheval ? Certainement pas les souffrances des femmes et des enfants confronté·es aux violences patriarcales.3 Pas non plus celles des personnes en attente de soins. Elles qui ont dû vivre seules leurs maladies, leurs détresses ou leurs dépendances. Ce ne sont pas non plus celles des détenus ou des étrangers enfermés dans les centres de rétention. Soulignons que Cheval compare les confinements à des « assignations à résidence » [p. 15]. Contrairement à notre auteur, les personnes subissant ce sort ne peuvent aisément « s’échapper » dans le Tarn, « descendre à Marseille » ou s’envoler pour l’Italie et le Portugal.

Les travailleurs invisibles et les contraintes policières négligées

L’autre angle mort de Lettres sur la peste est de considérer que les confinements s’appliquaient à tous sans distinction. C’est oublier que le personnel soignant se confrontait directement aux dangers du virus. Qu’une part significative de travailleur·euses ont continué à sortir chaque jour. Les patrons et l’État leur refusaient le télétravail ou le chômage partiel. Il s’agit d’activités de soin, de logistique, de livraison, d’entretien, du BTP. Autant de secteurs précarisés, fortement féminisés pour certains, comprenant de nombreuses personnes racisées, aux conditions de travail particulièrement difficiles. Ces travailleurs et travailleuses qui ont dû continuer le travail coûte que coûte doivent être au centre d’une critique matérialiste, puisque précisément la vente de leur force de travail empêchait, plus que de coutume, la préservation de leur santé.

Mais notre soi-disant grand pourfendeur de l’État ne pouvait prendre en compte ces existences, tant cela aurait mis à rude épreuve son « communisme de pensée » [p.62] aveugle aux conditions de travail des éboueurs, caissiers et autres infirmières. Ce sont pourtant ces travailleurs et travailleuses qui garantissent son confort petit-bourgeois. Il tente d’ailleurs de parer à ce confort en recherchant le frisson, mais désespère de ne plus le trouver. Ainsi, il regrette que le non-respect des mesures de confinement ne l’ait pas même exposé à de véritables sanctions : il était trop facile de tricher [pp.55-56], l’amende de 135 € ne constituant pour lui qu’une « parodie de contrainte » [p. 16].

Il oublie qu’à ce jeu de cache-cache avec la police, certain·es ne s’amusent pas et perdent gros ! La violence et la quotidienneté des contrôles4 se sont accrues pendant les restrictions. C’est par cette brutalité, à laquelle l’auteur se désintéresse, que s’exprime la « gestion policière d’une crise sanitaire ».5 Il faut avoir en tête que les personnes auxquelles Cheval envoie ses lettres sont de celles « à qui la police parle gentiment à l’entrée des manifestations » [p. 63] – même si, hormis lorsque c’est l’extrême-droite qui se regroupe, on ne voit pas dans quelle manifestation politique les forces de l’ordre s’adresseraient gentiment aux manifestant·es.

L’obsession du confinement

On pourra également interroger l’obsession de l’auteur pour les mesures de confinement – dont l’analyse se borne à le décrire comme une « vie domestique, celle de l’enfermement et de la solitude et de la connexion » [p. 56]. À lire ces Lettres sur la peste, on croirait que ce furent les seules mesures prises par le gouvernement. Ce ne fut bien évidemment nullement le cas. Si l’auteur ne mentionne pas les autres, c’est parce qu’elles n’entrent pas dans le cadre qu’il tente d’élaborer. Celui d’une biopolitique totalisante qui protégerait toutes les vies.

Ce qu’essaie d’appréhender maladroitement Cheval, c’est le décalage entre la volonté de préserver les vies l’oubli et la négation de leur valeur. Dans cette perspective, la démarche de l’anthropologue Didier Fassin est bien plus adroite et pertinente. Il se saisit de cette question en observant qu’il existe une confrontation entre la biolégitimité et l’inégalité des vies.6 Autrement dit, nos sociétés se caractérisent par une tension entre l’éthique de la vie, le caractère sacré de chaque personne ramenée à un organisme physique, et les politiques de la vie, soit leur traitement inégalitaire, les souffrances, les violences et les épreuves qui leur sont infligées. Cette façon de poser le problème permet de rendre compte de la pandémie, de son traitement et de ses dégâts d’une manière autrement plus juste et non-validiste.

Monde uniformisé, pensée simplificatrice 

Lettres sur la peste présente les mêmes défauts que le monde qu’il prétend analyser : l’auteur opère par simplification et uniformisation. Cheval privilégie les affirmations péremptoires. Il oublie que jamais il n’a été utile à une pensée d’aller trop rapidement. Particulièrement quand elle s’inscrit dans une forme d’urgence. Ainsi ne prend-il pas en compte le fait que notre expérience et notre perception du temps sont largement influencées par nos conditions de classe, de genre7 – et d’assignation raciale [p.70]. Il en va de même lorsqu’il avance qu’une nouvelle technique remplacerait la précédente [p.83] – affirmation tout à fait erronée puisque, loin de renvoyer la précédente dans le passé, la nouvelle la maintient voire la renforce. C’est cette simplification excessive qu’on retrouve dans sa critique de l’amour . S’il est en effet intéressant et important d’étudier les effets de la numérisation des rencontres amoureuses. Cela ne doit jamais se résumer à un vulgaire c’était mieux avant.

Nous avons donc affaire à une pensée réductrice, figée, où manque cruellement tout recul historique. Un manque qui se donne à voir dans le traitement que Cheval fait du port du masque. Il ne semble pas se rappeler que le gouvernement avait au départ nié son efficacité. On sait pourtant ce qu’il en a été : pénurie de masques, de tests et d’équipements de protection. Il faut noter l’effort que nécessite le port du masque pour l’auteur ; la quasi-honte qui le saisit lorsqu’il s’y résout : « [Ce sera] la tâche historique de notre génération que de se souvenir de l’apparition de cette dernière couche de contrôle pour en témoigner aux générations qui bientôt déjà la vivront comme naturelle, qui ne la distingueront même plus des autres, toute noyée qu’elle sera dans le dispositif global de la gestion des flux vivants » [p. 52] – rien que ça.

Au travers de son récit unifiant (lénifiant ?), Cheval en arrive à nier tant les ratés du pouvoir que les contestations à son encontre. Il réalise le rêve de ce dernier. Décrivant une gestion efficace de la pandémie au sein d’un monde docile et policé. Il rejoue un procédé déjà utilisé pour décrire le pouvoir chinois.8 Jamais les résistances ne sont abordées : aucun mot sur la formation des brigades de solidarité populaire, rien sur l’action de groupes formels ou informels qui ont tenté de développer une solidarité en temps de crise. Ces actions et expérimentations témoignaient du refus de croire que le souci premier du pouvoir fut de protéger les vies. Fiction à laquelle l’auteur pourtant s’accroche mordicus. Ce faisant, ce sont à la fois les idées et les pratiques de l’autodéfense sanitaire qui sont reniées, voire caricaturées. On en arrive presque à douter que Cheval soit du côté de l’émancipation.

S’échapper et abandonner

Comme notre recension l’esquisse, nous avons affaire à une vision solipsiste du monde et de la pandémie de Covid-19. Il n’est alors guère étonnant d’apprendre que Cheval a quitté Paris pour « s’échapper » [p. 73] dans le Tarn avec ses amis lors du premier confinement, fuyant la promiscuité, la pollution et le béton. À la rigueur, tant mieux pour lui s’il a pu choisir où et dans quelles conditions effectuer son confinement. Il est consternant de noter qu’il ne tient jamais compte des difficultés et des souffrances endurées par les autres. Observateur malhabile, il avance que, aujourd’hui, « on n’a plus l’habitude que le monde nous résiste » [p. 65]. Cette affirmation est à vrai dire scandaleuse !

Au contraire, de nombreuses personnes ont toujours l’habitude que le monde leur résiste, que beaucoup de choses leur résistent même. C’est que notre contestataire ne prend jamais en compte les privilèges dont il jouit. Son échappée rappelle celle de la bourgeoisie rouennaise qui, le 26 septembre 2019, alors que les entrepôts de Lubrizol brûlaient encore, s’en était allée respirer dans ses maisons secondaires. Bien loin du nuage épais qui envahissait alors la ville et la région. Début avril 2020, c’est au niveau national que la bourgeoisie réitérait ce trajet. Elle s’échappait des métropoles pour se donner de l’air. Se livrant alors à un mode de vie sain dans des maisons aérées, au milieu de champs verdissants. Considérant le printemps comme un réveil du vivant.9

Il y a dans l’anti-urbanisme d’Olivier Cheval la sacralisation d’un retour à la terre et d’une reconnexion avec le vivant. Il pose comme étape préliminaire à la modernité, l’existence d’un lien au monde qui aurait été perdu. Dans le cas de la critique de la technique, peut-être plus qu’ailleurs, le fil séparant les conceptions réactionnaires de celles de l’émancipation est ténu. Cheval avance sur cette crête avec un équilibre trop précaire pour garder le cap. La lecture qu’il propose du théologien Romano Guardini (1885 – 1968) est ambiguë. L’auteur faisant sienne l’idée selon laquelle la technique aurait rompu l’enracinement des humains à leur milieu. Reprenant la description que Guardini donne d’un vieux village italien « construit organiquement » [p. 70], il fustige la croyance moderne à pouvoir « modeler la population comme une abstraction sans profondeur, sans racine, sans inconscient » [p. 107, nous soulignons].

Cette idée d’un rapport naturel fait d’harmonie entre de petits groupes humains et leur environnement local renforce des représentations essentialistes. Or, comme le souligne Antoine Dubiau, aucune communauté humaine ne s’insère naturellement ou organiquement dans un espace. Ce sont toujours des appropriations collectives, le territoire est un construit et non un donné.10

Décidément, Cheval ne cesse de faire fausse route. C’est encore le cas lorsqu’il se demande si « l’odeur si reconnaissable de l’air conditionné, saine et putride à la fois, avec ce je-ne-sais-quoi de synthétique, est peut-être l’ultime récusation de l’idée de Dieu » [p. 54]. Il aurait été plus utile de se demander : pourquoi les purificateurs d’air promis par Macron n’ont pas été livrés ? La situation oblige à constater le caractère urgent que revêt l’installation de ces outils dans des lieux clos surfréquentés. La mauvaise qualité de l’air étant la cause de nombreuses maladies respiratoires. Dans une réflexion sur l’héritage des techniques issues de ce monde, les purificateurs représentent ainsi ce qu’il importe de garder.11 Cependant, ce n’est pas tant la modification de l’air à un premier degré, à savoir la pollution atmosphérique, qui pose problème à l’auteur, que sa modification à un deuxième degré, soit par l’installation d’appareils de filtrages de l’air qui ont justement pour but d’atténuer la pollution.

Du début à la fin, Cheval cherche à se tenir éloigné de ce qu’il doit considérer comme la plèbe ; toutes ces personnes qui ont besoin de leur smartphone pour se retrouver [p. 88] : il affirme préférer la relation vraie, naturelle et directe. Derrière cette valorisation de l’authenticité se loge un rapport esthète au monde : s’adressant aux « singularités communistes en instance de communication véritable » [p. 62], son communisme ne peut se réaliser qu’avec quelques personnes. C’est un communisme hautain, une politique de l’entre-soi.

Ouverture et fermeture : non pas l’immunité, mais l’autodéfense

Cheval fustige « l’impératif de la sécurité, la peur de la contagion, la phobie de la matière, le refoulement de la vitalité, le tabou de la mort » [p. 120]. Cette liste folle d’éléments n’est pas sans rappeler l’énumération aberrante de Damasio qui pourfendait récemment la victoire de la logique de l’immunité, qui enferme, sur celle de l’humanité, qui est ouverture sur l’inconnu.12 Cette fermeture à l’altérité, Cheval croit aussi la déceler dans une « déperdition de la valeur de la mort » [p. 61].

La commune aversion à l’égard de la mort se manifesterait doublement. D’une part par la sacralisation de la vie, réduite à un organisme biologique comme on l’a vu. D’autre part par l’abandon de l’ensemble des rites, coutumes et pratiques qui l’accompagnaient.13 Il faudrait pourtant l’accepter et l’assumer. Qu’Olivier Cheval pour lundimatin arrive à dire la même chose que Christophe Barbier pour BFMTV ne doit pas nous étonner au vu de l’ensemble des insanités que nous avons décelées jusqu’ici.

Pour finir

Si, en effet, « ce qui se joue en ce moment, comme à chaque grand tournant politique, c’est une lutte pour la représentation de la réalité : une lutte sur le sens à donner à l’évènement » [p. 107], alors il est nécessaire de caractériser correctement ce qu’il s’est passé et ce qu’il continue de se passer – car penser que cela serait fini n’est qu’une des nombreuses erreurs de ce texte, mais assurément l’une des plus graves. Ce « corps-à-corps avec l’évènement » [p. 117] que Cheval dit vouloir entretenir est réussi : loin de combattre l’ordre des choses, il va dans le sens des structures mortifères qui opèrent déjà à même les corps des subalternes, il en amplifie les violences plus qu’il ne les critique.

Pour y faire face, l’autodéfense sanitaire est bien l’une des composantes de l’autodéfense populaire entendue au sens large. Comme l’écrit Elsa Dorlin, aux « corps vulnérables et violentés n’échoient plus que des subjectivités à mains nues. Tenues en respect par et dans la violence, celles-ci ne vivent ou ne survivent qu’en tant qu’elles parviennent à se doter de tactiques défensives.»14 Dans cette activité d’autodéfense, le travail de veille et de critique des faits ayant trait à la pandémie est fondamental, vital, et mérite assurément mieux que Lettres sur la peste.

  1. Traitant d’un développement sur la technique et la cybernétique – son histoire, sa force. ↩︎
  2. Le collectif Cabrioles démontre le contraire de manière exemplaire. Voir : Cabrioles, « Covid-19 » 12 octobre 2022, consulté à l’URL suivant : https://cabrioles.substack.com/p/12-octobre-2022-covid-19. Le site de podcast et d’articles Sortir du capitalisme effectue également un travail primordial. Voir : Sortir du capitalisme, « Par-delà conspirationnisme et hygiénisme : les racines socio-environnementales du Covid-19 et sa gestion contradictoire », 17 octobre 2022. Consulté à l’URL suivant : http://sortirducapitalisme.fr/emissions/337-par-dela-conspirationnisme-et-hygienisme-les-racines-socio-environnementales-du-covid-19-et-sa-gestion-contradictoire
    ↩︎
  3. Les enregistrements des violences conjugales sur le site du gouvernement révèlent une augmentation de 40% au cours du premier confinement. Puis de 60% durant le second – il faut garder en tête que ces actes sont sous-déclarés.
    ↩︎
  4. Qui étaient déjà le lot commun des personnes vivant dans les quartiers populaires.
    ↩︎
  5. ROCHER Paul, Que fait la police ? et comment s’en passer, La Fabrique éditions, 2022, p.56.
    ↩︎
  6. FASSIN Didier, La vie. Mode d’emploi critique, Le Seuil, 2021 [2018], 192 p.
    ↩︎
  7. DARMON Muriel, DULONG Delphine et FAVIER Elsa, « Temps et pouvoir », Actes de la recherche en sciences sociales, 2019/1-2, n° 226-227, p. 6-15.
    ↩︎
  8. Procédé que combat remarquablement le collectif Chuang. CHUANG, Contagion sociale. Guerre de classe et pandémie en Chine, Le Mas d’Azil, Niet!éditions, 2022, 320 p.
    ↩︎
  9. Comme contrepoint aux arguments de Chevila, on peut lire cette analyse de l’importance des courants d’airs et de leur portée subversive. Coir : Comité pour l’Extension des Courants d’Air, « Pandémie sans fin : Covid-19 et déni des courants d’air », Paris-Luttes.Info, 16 mars 2022, consulté à l’URL suivant : https://paris-luttes.info/covid-et-courants-d-air-ou-la-15810) ↩︎
  10. DUBIAU Antoine, « L’écofascisme, ou l’actualisation écologique de la doctrine fasciste », Bruxelles Laïque Échos, juin 2022, consulté à l’URL suivant : https://echoslaiques.info/lecofascisme-ou-lactualisation-ecologique-de-la-doctrine-fasciste/#%20EDNREF7. Plus largement, Antoine Dubiau développe une analyse précieuse du double processus d’écologisation du fascisme et de fascisation de l’écologie. Voir : DUBIAU Antoine, Écofascisme, Éditions Grevis, 2022, 224 p.
    ↩︎
  11. Dans une réflexion sur l’héritage des techniques issues de ce monde, les purificateurs représentent ainsi ce qu’il importe de garder. Voir BONNET Emmanuel, LANDIVAR Diego et MONNIN Alexandre, Héritage et fermeture. Une écologie du démantèlement, éditions divergences, 2021, 166 p. Voir notre article au sujet de cet ouvrage.
    ↩︎
  12. D’après Damasio, le souhait de vivre à l’écart du virus serait analogue aux volontés de séparation qui segmentent notre monde. Le virus serait irrecevable « comme sont irrecevables les exilés d’Afghanistan, les miraculés en canot sur la Méditerranée, les réfugiés de Syrie ou nos simples voisins du Maghreb. Comme son irrecevable les sangliers dans nos champs, les cafards dans un appart, les souris du métro, l’islam, les Noirs, le kebab, le burkini, les toiles d’araignées, les mauvaises herbes dans mon jardin, les abeilles sur mon pot de miel, le rap féminin, la copine queer de ma fille ou l’antiraciste qui pointe ton colonialisme tranquille », DAMASIO Alain, « Immunité partout, humanité nulle part. Et si l’on battait le capitalisme sur le terrain du désir », Revue du Crieur, 2022, n°20, p. 16.
    ↩︎
  13. Qu’importe, là encore, si cette description est très mal étayée, à l’inverse de ce que tente de faire le dernier numéro de la revue Jef Klak en explorant les riches et denses rapports entretenus avec la mort et les mort·es. Voir : Jef Klak, Feu follet, avril 2022, n°8, 224 p.
    ↩︎
  14. DORLIN Elsa, Se défendre. Une philosophie de la violence, Paris, La Découverte, 2019 (2017), p. 16.
    ↩︎

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